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Rayon de braquage camion : ce que donne la fiche, ce que prend le porteur en virage

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Founder & Developer · Publié le · Reading time: 10 min de lecture

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Épure de giration imprimée d'un camion à deux essieux, avec point de référence et fiche technique du véhicule, sur une planchette posée sur le capot ; au fond, le portail d'une parcelle et un camion
Épure de giration imprimée d'un camion à deux essieux, avec point de référence et fiche technique du véhicule, sur une planchette posée sur le capot ; au fond, le portail d'une parcelle et un camion · Image d’illustration, générée par IA

« Rayon de braquage camion » : c'est la première valeur que l'on cherche pour faire entrer un porteur dans une cour ou sur un quai. C'est aussi celle qui trompe le plus : elle sort d'une fiche constructeur et ne dit pas la place que prend le véhicule en courbe, le camion du client comme un véhicule de référence. Ce qui décide, c'est l'épure de giration, la surface balayée pendant toute la manœuvre. Cet article traite du porteur, le camion rigide sans articulation : quel chiffre lire sur une fiche technique, ce que la réglementation fixe vraiment, et comment obtenir une épure exploitable sans CAO. Pour un ensemble articulé, la cinématique est différente : voir la giration d'un semi-remorque.

Rayon de braquage, rayon de balayage, épure de giration

Trois mots circulent pour une seule question et ne désignent pas la même chose. Le guide utilisateur du logiciel GIRATION, publié par le Certu (devenu Cerema), les sépare : le « rayon de balayage » d'une fiche est « équivalent au Rayon Extérieur entre Murs », alors que le « rayon de braquage » « s'apparente au Rayon Extérieur entre Trottoirs, mais attention mesuré au milieu du pneu ».

TermeCe qu'il désigneLe piège
Rayon de braquageLe cercle des roues extérieures, au milieu du pneuCote entre trottoirs : la carrosserie n'y est pas
Rayon de balayageLe cercle de la carrosserie, rayon extérieur entre mursCote entre murs : c'est la carrosserie, pas les roues
Épure de girationLa surface balayée pendant une manœuvre réelleDépend de la manœuvre, pas seulement du véhicule

Le même guide définit l'épure comme deux corridors et non comme un rayon : « la carrosserie délimite un fuseau dans lequel aucun aménagement vertical n'est possible (on parle alors de limites entre murs) » et « les roues délimitent un fuseau dans lequel seule la chaussée doit se trouver (on parle alors de limites entre trottoirs) ». Un portail ou un poteau se vérifient sur le premier, une bordure sur le second.

Pourquoi un rayon ne suffit pas

Sur une manœuvre réelle, un porteur ne suit pas un cercle unique. Trois effets se superposent.

  1. Les roues arrière coupent la courbe. L'essieu arrière ne braque pas et suit un rayon plus serré que l'essieu avant : c'est l'off-tracking (déport en virage). Plus l'empattement est long, plus l'écart est grand.
  2. Les porte-à-faux débordent. À l'amorce du virage, le porte-à-faux arrière balaie vers l'extérieur avant que l'arrière ne rentre à l'intérieur de la courbe. Contre un pilier, ce n'est pas la roue qui touche, c'est la caisse.
  3. L'amorce occupe sa propre surface. Entre l'alignement droit et l'arc, le véhicule balaie une zone que les cercles à braquage maximal ne décrivent pas, et c'est à braquage maximal qu'est relevé un rayon de braquage.

Le corridor balayé que l'outil dessine réunit les deux fuseaux. Son bord extérieur est tracé par le coin avant extérieur de la carrosserie, parce que le porte-à-faux avant déborde de la trace des roues directrices. Son bord intérieur n'est pas tracé par le coin arrière, mais par la roue arrière intérieure, au droit de l'essieu : c'est là que le véhicule s'approche le plus de l'intérieur du virage, et c'est ce qui décide si la bordure est montée.

Le gabarit d'un porteur : ce qui est public

Reste à savoir ce qui peut se présenter à l'entrée. Pour un véhicule à moteur autre qu'un autobus, l'annexe I de la directive 96/53/CE fixe :

CoteMaximum autoriséPoint
Longueur, véhicule à moteur autre qu'un autobus12,00 m1.1
Largeur2,55 m (2,60 m pour les superstructures des véhicules conditionnés)1.2
Hauteur, tout véhicule4,00 m1.3

Le droit français reprend les deux premières cotes : l'article R. 312-11 du code de la route écrit « 2° Véhicule à moteur : 12 mètres » et l'article R. 312-10 « 2,55 mètres pour les autres véhicules ou parties de véhicules ». Ne présentez pas en revanche les 4,00 m comme une hauteur maximale française : le code de la route n'en fixe aucune pour les poids lourds, la seule hauteur maximale de sa section sur les dimensions étant les 2,50 mètres de l'article R. 312-16, qui ne visent que les motocyclettes, tricycles, quadricycles à moteur et cyclomoteurs. Sur le terrain, la contrainte est la hauteur libre de l'ouvrage franchi.

S'y ajoute une exigence de manœuvrabilité, au point 1.5 de la même annexe : « Tout véhicule à moteur ou ensemble de véhicules en mouvement doit pouvoir s'inscrire dans une couronne circulaire d'un rayon extérieur de 12,50 m et d'un rayon intérieur de 5,30 m ». La différence entre les deux rayons donne 7,20 m de largeur balayée.

Ce chiffre est facile à mal employer : 12,50 m n'est le rayon de braquage d'aucun camion. C'est une limite que tout véhicule à moteur ou ensemble de véhicules en mouvement doit respecter. Poser un porteur de 12 m à 12,50 m de rayon extérieur, c'est modéliser un véhicule à la limite légale, pas celui qui va livrer. Dans le code de la route, la couronne circulaire n'apparaît qu'à l'article R. 312-11, comme condition des dépassements de longueur accordés aux cabines aérodynamiques et aux dispositifs aérodynamiques arrière.

« Porteur 19 t » : le tonnage n'est pas une géométrie

19 t, 26 t et 32 t sont des classes de PTAC (poids total autorisé en charge). Ni la directive 96/53/CE, ni les articles R. 312-10 et R. 312-11 du code de la route, ni le guide GIRATION du Cerema ne rattachent de cotes à une tranche de tonnage, et deux porteurs de même PTAC peuvent avoir des empattements très différents, donc des épures très différentes. Sur la fiche du constructeur, allez chercher quatre des cotes que le guide GIRATION nomme, plus la valeur de giration :

  • l'empattement (E), « distance entre l'axe de l'essieu avant et l'axe de l'essieu arrière » ;
  • le porte-à-faux avant (PAFav) et le porte-à-faux arrière (PAFar), « débordement de la carrosserie » par rapport à l'axe de l'essieu avant et de l'essieu arrière ;
  • la largeur hors tout (L), « largeur de la caisse du véhicule sans les rétroviseurs » ;
  • le rayon ou le diamètre de giration, avec l'indication de son repère de mesure.

Vous ne trouverez pas ici de cote par modèle : une dimension de porteur n'est utilisable que si elle vient de la fiche du constructeur du véhicule concerné et qu'elle est accompagnée de son repère de mesure. Si la fiche ne précise pas où le rayon est mesuré, c'est cette absence qu'il faut traiter, et la section « Saisir la valeur de la fiche technique » dit comment.

D'où vient ce vocabulaire

GIRATION est un logiciel du CERTU, devenu Cerema, sous-titré « Définition, calcul, dessin d'épures de giration » ; c'est la source des véhicules de référence français. Sa notice au catalogue DTRF porte la version 3.2, datée du 01/09/2000 ; le Cerema en publie le code source sous licence GPL-3.0 dans un dépôt public, où le code n'a plus été modifié depuis le 9 juillet 2019. Le guide utilisateur de la version 3.3 s'y télécharge librement ; c'est lui qui fixe le vocabulaire cité ici.

Son annexe A nomme les types de véhicules de la bibliothèque, « Camion porteur » pour le porteur, et publie un tableau de cotes dont le guide donne l'origine : « Les données sont issues des fiches techniques des constructeurs, elles ont été arrondies au centimètre supérieur. » Nous ne le reproduisons pas : ouvrez le guide, il est gratuit. Deux précautions en le lisant. Sa colonne de rayon est un rayon extérieur entre trottoirs. Et c'est un guide d'utilisation de logiciel, pas un document de conception : il ne prescrit aucun rayon de projet.

Saisir la valeur de la fiche technique

Dans l'éditeur de véhicules personnalisés, la section « Réglages du rayon de giration » demande une « Valeur de la fiche technique » et propose cinq lectures :

  • « Diamètre de giration, entre trottoirs »
  • « Diamètre de giration, entre murs »
  • « Diamètre de giration, non précisé (traité comme entre trottoirs) »
  • « Rayon de giration extérieur, entre murs (p. ex. le cercle réglementaire de 12,50 m) »
  • « Rayon intérieur (roue arrière intérieure) »

Deux règles suffisent.

  1. Un rayon mesuré sur la trace extérieure des roues se saisit comme « Diamètre de giration, entre trottoirs », valeur doublée : il n'existe pas d'entrée « rayon entre trottoirs ». Un rayon extérieur entre murs se saisit tel quel. Jamais les deux à la fois : une valeur, une lecture.
  2. Si la fiche ne dit pas où la valeur est mesurée, prenez « Diamètre de giration, non précisé (traité comme entre trottoirs) ». Le choix est volontairement conservateur : lire une cote entre trottoirs comme si elle était entre murs ferait tourner le modèle plus court que le véhicule réel, l'erreur dangereuse ; l'inverse ne fait que prendre de la marge.

L'éditeur affiche ensuite l'angle de braquage que votre valeur implique et le situe dans la fourchette qu'il annonce lui-même, « typique 25° à 55° » ; il vous prévient quand la valeur ressemble à un diamètre saisi comme un rayon. Ce contrôle de vraisemblance signale l'erreur d'un facteur deux avant qu'elle ne se retrouve sur le plan.

Vérifier un accès de porteur, étape par étape

PathSweeper calcule l'épure de giration dans le navigateur, sans installation ni licence CAO.

  1. Importez le plan. Plan de masse, extrait cadastral ou vue aérienne, en image ou en PDF ; les plans de site PDF s'importent gratuitement comme fond de plan.
  2. Calez l'échelle. L'outil Calibrer demande deux points et la distance réelle entre eux : prenez une cote du plan.
  3. Choisissez le véhicule. Quatre véhicules standards s'utilisent gratuitement et sans inscription (voiture particulière, fourgon de livraison, camion 2 essieux, autobus). Pour le porteur de votre projet, créez un véhicule personnalisé de type « Porteur » : largeur, longueur, empattement, porte-à-faux avant, puis la valeur de la fiche technique. Créer et enregistrer des véhicules est gratuit avec un compte ; le Pass Projet ou le Pass Annuel débloque leur utilisation dans un projet.
  4. Tracez la trajectoire. L'outil Tracer place les points que suivra le véhicule, en Marche avant ou en Marche arrière pour une mise à quai.
  5. Lisez le corridor balayé. Il s'affiche en temps réel : si le bord intérieur mord la bordure ou si le coin avant sort de la limite, faites varier le rayon du virage ou la largeur du portail.
  6. Exportez. PNG et JPEG sont gratuits ; l'import DWG et DXF ainsi que l'export DXF sont inclus dans le Pass Projet. Avant d'exporter, placez un point de référence sur un élément identifiable dans votre dessin CAO : il devient l'origine (0,0) du fichier.

Guides liés


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Questions fréquentes

Il n'existe pas de valeur unique : le rayon de braquage est une donnée de fiche technique, propre à un modèle et à un empattement. Le guide GIRATION du Certu précise en plus ce que la fiche désigne : le « rayon de braquage » s'apparente au rayon extérieur entre trottoirs, mesuré au milieu du pneu, alors que le « rayon de balayage » est équivalent au rayon extérieur entre murs, c'est-à-dire à la carrosserie. Le seul chiffre commun à tous les camions est un plafond réglementaire : la directive 96/53/CE impose à tout véhicule à moteur en mouvement de pouvoir s'inscrire dans une couronne circulaire de 12,50 m de rayon extérieur et de 5,30 m de rayon intérieur. Ce n'est pas le rayon de braquage d'un camion donné, c'est la limite que tout véhicule à moteur ou ensemble de véhicules en mouvement doit respecter.

Pour un véhicule à moteur autre qu'un autobus, la directive 96/53/CE fixe à son annexe I une longueur maximale de 12,00 m, une largeur de 2,55 m (2,60 m pour les superstructures des véhicules conditionnés) et une hauteur de 4,00 m. En droit français, l'article R. 312-11 du code de la route reprend les 12 mètres de longueur et l'article R. 312-10 les 2,55 mètres de largeur. Attention à la hauteur : le code de la route ne fixe pas de hauteur maximale pour les poids lourds, la seule hauteur maximale de sa section sur les dimensions étant les 2,50 mètres de l'article R. 312-16, qui ne visent que les motocyclettes, tricycles, quadricycles à moteur et cyclomoteurs. Ce sont des maxima autorisés, pas les cotes d'un porteur réel.

Une tranche de tonnage n'est pas un gabarit : 19 t, 26 t et 32 t sont des classes de PTAC (poids total autorisé en charge). Ni la directive 96/53/CE, ni les articles R. 312-10 et R. 312-11 du code de la route, ni le guide GIRATION du Cerema ne rattachent de cotes à un tonnage. Deux porteurs de 19 t peuvent avoir des empattements nettement différents, donc des épures de giration nettement différentes. La seule source utilisable est la fiche technique du constructeur du véhicule réellement concerné : vous y relevez l'empattement, le porte-à-faux avant, le porte-à-faux arrière, la largeur hors tout et la valeur de giration avec son repère de mesure. À défaut de fiche, le seul gabarit opposable reste le maximum légal, 12,00 m de longueur et 2,55 m de largeur.

Le rayon de braquage est un nombre, relevé roues maintenues au braquage maximal. L'épure de giration est une surface : celle que le véhicule balaie pendant toute la manœuvre, amorce de virage comprise. Le guide GIRATION du Certu la décrit comme deux fuseaux et non comme un rayon : la carrosserie délimite un fuseau dans lequel aucun aménagement vertical n'est possible (limites entre murs), les roues en délimitent un autre dans lequel seule la chaussée doit se trouver (limites entre trottoirs). Pour dimensionner un accès, c'est l'épure qui décide ; le rayon de braquage sert à renseigner le véhicule et à vérifier un ordre de grandeur.

Le guide GIRATION du Certu définit le porte-à-faux arrière (PAFar) comme le « débordement de la carrosserie par rapport à l'axe de l'essieu arrière ». En virage, c'est la partie du véhicule qui balaie vers l'extérieur de la courbe pendant que les roues arrière coupent vers l'intérieur : elle menace les obstacles situés à l'extérieur du virage, poteaux, angles de mur, véhicules stationnés. Il définit ce porte-à-faux mais ne donne aucune valeur de déport arrière (tail swing), et aucun des textes cités ici n'en fixe. Il se lit sur l'épure de giration du véhicule concerné, à partir du porte-à-faux arrière relevé sur sa fiche technique.

Sources et références

  1. Directive 96/53/CE, annexe I, points 1.1 à 1.5 : longueur, largeur, hauteur et couronne circulaire de giration (version consolidée 01996L0053 du 14.08.2019) — EUR-Lex, Union européenne
  2. Code de la route, article R. 312-11 : longueur maximale des véhicules et couronne circulaire de 12,50 m — Légifrance (DILA)
  3. Code de la route, article R. 312-10 : largeur maximale des véhicules — Légifrance (DILA)
  4. GIRATION 3.3, guide utilisateur : définitions du rayon de braquage, du rayon de balayage, des fuseaux et des cotes du véhicule — Certu / Cerema (dépôt sous licence GPL-3.0 du Cerema)
  5. Catalogue DTRF, notice Dtrf-0004125 : logiciel GIRATION, version 3.2 du 01/09/2000 — Cerema, catalogue DTRF

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