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Rayon de braquage et surface balayée : guide visuel de la géométrie en virage

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Founder & Developer · Publié le · Reading time: 23 min de lecture

Rayon de braquageGirationGéométrie d'AckermannÉpure de girationVoirie
Camions légers tournant à un carrefour urbain
Camions légers tournant à un carrefour urbain

Le rayon de braquage d'un véhicule, qu'il s'agisse d'une voiture ou du véhicule de référence d'un projet, ne dit pas la place qu'il prend en virage. Les roues arrière ne suivent pas les roues avant, elles coupent la courbe par l'intérieur : c'est l'off-tracking (déport en virage), et la surface balayée est plus large que le véhicule lui-même. L'étude de giration calcule exactement cette surface, pour que chaque véhicule passe là où il doit passer : l'engin d'incendie jusqu'au poteau d'incendie, le fourgon de livraison le long d'un potelet, la benne à ordures hors de l'impasse sans monter sur la bordure.

Ce guide explique ce qu'est une étude de giration et qui en a besoin, établit la géométrie à partir de ses principes, déroule un calcul complet à la main et montre la méthode pas à pas. Aucun texte national n'est nécessaire pour le suivre : la géométrie vaut partout.

En bref. En virage stabilisé, la surface balayée par un véhicule rigide n'est bornée que par deux trajectoires de référence : celle du coin avant extérieur (bord extérieur) et celle de la roue arrière intérieure (bord intérieur : la roue, pas le coin). Une troisième, celle du coin arrière extérieur, décrit le déport arrière (tail swing) au début de chaque virage : un bref débord de l'arrière vers l'extérieur, dû au porte-à-faux arrière, quelle que soit la vitesse à laquelle on braque. Les trois se calculent à partir de cinq cotes (longueur, largeur, empattement, porte-à-faux avant, porte-à-faux arrière) et d'un rayon de giration du véhicule. Exemple chiffré plus bas.

Qu'est-ce qu'une étude de giration ?

L'étude de giration (on parle aussi de calcul ou de vérification de giration) détermine la surface balayée par un véhicule : la surface qu'il occupe physiquement en virage, c'est-à-dire la réunion de toutes les positions par lesquelles passe sa carrosserie pendant la manœuvre. Le dessin qui la représente s'appelle l'épure de giration.

Voiture particulière standard effectuant un virage à droite à 90°, avec la surface balayée ombrée derrière elle.
FIG. 1 · Surface balayée d'un virage à droite à 90°. Voiture particulière standard (L = 4,70 m, l = 1,85 m). Zone bleu clair = surface balayée ; ligne verte = trajectoire de l'essieu avant ; points magenta = position de référence en début et fin de virage ; contour du véhicule en début et fin de virage.

Elle est nécessaire parce que :

  • Un carrefour, une aire de retournement pour engins d'incendie, une rampe de parking ou une ruelle ne vaut que par les véhicules qui peuvent y passer.
  • La surface balayée est plus large que le véhicule, et l'écart compte : dans un virage serré, un poids lourd courant occupe environ 1,5 fois sa propre largeur.
  • Sans elle, impossible de vérifier la distance aux bordures, aux murs, aux piliers, aux voitures en stationnement ou aux poteaux d'incendie.

Qui fait une étude de giration, et quand ?

L'étude de giration se situe au croisement de plusieurs métiers. Les ingénieurs routiers et les bureaux d'études VRD (voirie et réseaux divers) la font sur les carrefours, les giratoires et les arrêts de bus. Les architectes et les aménageurs la font sur les entrées, les parkings et les cours de livraison. Promoteurs et logisticiens s'en servent pour prouver qu'un site fonctionne avant de s'y engager. Les cas typiques :

  • Carrefours et giratoires : vérifier que le véhicule de référence effectue chaque mouvement autorisé sans empiéter sur la voie opposée ni monter sur les îlots séparateurs.
  • Parkings et rampes : vérifier que les voitures atteignent réellement les places et que rampes et hélicoïdes fonctionnent à leur rayon minimal ; l'exemple chiffré plus bas porte justement sur cette géométrie de voiture.
  • Quais et aires de livraison : le cas commercial classique, en général un porteur ou un ensemble avec semi-remorque qui recule jusqu'au quai.
  • Voies en impasse et aires de retournement : les bennes à ordures doivent faire demi-tour sans longue marche arrière ; les géométries possibles sont détaillées dans l'article sur l'aire de retournement.
  • Accès des secours : vérifier les voies engins et l'inscription des engins d'incendie ; les gabarits sont dans l'article sur les dimensions d'un camion pompier.
  • Itinéraires de chantier et convois exceptionnels : démontrer, au cas par cas, qu'une grue, un porte-engins ou un transport hors gabarit atteint le site.

Quand devient-elle obligatoire, et plus seulement prudente ? Cela dépend du projet et de la collectivité : une vérification de giration peut être demandée dès que la praticabilité d'un accès, d'une aire de retournement ou d'une aire de livraison ne se lit pas d'évidence sur le plan. Elle prend alors le plus souvent la forme d'une pièce graphique jointe au plan, plutôt que d'un rapport autonome.

La géométrie : pourquoi la roue arrière coupe le virage

Le brevet de Rudolph Ackermann décrit comment se déplacent les roues d'un véhicule à roues directrices dans un virage. Son idée centrale :

Dans un virage, chaque roue du véhicule décrit un cercle autour d'un seul et même point, le centre instantané de rotation (CIR).

Le CIR se trouve sur le prolongement de l'essieu arrière : les roues arrière ne braquent pas, leur sens de roulement reste perpendiculaire à l'essieu. Les roues avant sont braquées exactement de sorte que leurs normales, les droites perpendiculaires à leur sens de roulement, passent elles aussi par ce CIR. Cet alignement, deux roues avant braquées d'angles légèrement différents pour que leurs normales se coupent en un point, est ce qu'on appelle la géométrie d'Ackermann.

Conséquence : chaque point du véhicule décrit son propre cercle autour du CIR. Le plus grand est celui du coin avant extérieur de la carrosserie : à cause du porte-à-faux avant, ce coin est plus loin du CIR que la roue avant extérieure, et c'est lui qui trace le bord extérieur de la surface balayée. Le plus petit est celui de la roue arrière intérieure, au droit de l'essieu, qui trace le bord intérieur. La carrosserie balaie la couronne comprise entre ces deux trajectoires.

Schéma vu de dessus d'un véhicule à quatre roues dans un virage à droite. Les normales en pointillés issues de chaque roue se coupent au centre instantané de rotation (CIR). Chaque roue décrit son propre cercle centré sur le CIR, la roue avant extérieure sur le plus grand rayon, la roue arrière intérieure sur le plus petit.
FIG. 2 · Géométrie d'Ackermann. Les normales des quatre roues se coupent au centre instantané de rotation. Chaque roue décrit son propre cercle autour de ce point.

Pour qui veut les formules. Le CIR étant sur le prolongement de l'essieu arrière, notons R la distance du CIR au milieu de l'essieu arrière (le rayon de l'essieu arrière). Le rayon de la roue arrière intérieure vaut alors R − l/2, et celui du coin avant extérieur √[(R + l/2)² + (E + PAFav)²], où l est la largeur, E l'empattement et PAFav le porte-à-faux avant. Connaître l'un de ces rayons suffit à fixer tous les autres.

Les trajectoires de référence

Trois trajectoires de référence décrivent la surface balayée. Deux la bornent pendant la partie stabilisée du virage ; la troisième, celle du coin arrière extérieur, décrit un bref débord vers l'extérieur au début de chaque manœuvre.

Limites en virage stabilisé

RéférenceCe qui la traceRôle
Trajectoire du coin avant extérieurLe coin extérieur du pare-chocs avantLe bord extérieur de la surface balayée. À vérifier contre les bordures, les murs et les candélabres à l'extérieur de la courbe.
Trajectoire de la roue arrière intérieureLa roue arrière intérieure, au droit de l'essieuLe bord intérieur de la surface balayée. La roue, pas le coin : la roue est en retrait du coin de carrosserie, c'est donc toujours elle qui fixe la marge intérieure.

En mouvement circulaire pur, ces deux trajectoires suffisent à dire où se trouve le véhicule. Tout le reste de la carrosserie reste dans la couronne qui les sépare.

Déport arrière

RéférenceQuand elle compte
Trajectoire du coin arrière extérieurAu début de chaque virage, l'arrière de la carrosserie déborde brièvement vers l'extérieur de la direction initiale : c'est le déport arrière (tail swing). C'est une conséquence géométrique du porte-à-faux arrière, qui se produit quelle que soit la vitesse de braquage : même avec un braquage instantané, le coin arrière entre dans sa trajectoire circulaire depuis une position située derrière l'avant, si bien que son arc sort de la surface balayée stabilisée au moment de l'entrée. Une fois le véhicule en mouvement circulaire stabilisé, le coin arrière extérieur se trouve sur un rayon plus petit que le coin avant extérieur et reste à l'intérieur de la surface balayée. De nombreuses réglementations traitent le déport arrière comme une vérification à part (par exemple la norme PBS du NHVR, en Australie).
Les deux trajectoires de référence qui bornent la surface balayée en virage stabilisé, et en pointillés la trajectoire du coin arrière extérieur, qui montre le déport arrière au début du virage.
FIG. 3 · Trajectoires de référence dans un virage à droite. En trait plein : coin avant extérieur et roue arrière intérieure, qui bornent la surface balayée en virage stabilisé. En pointillés : coin arrière extérieur, à l'intérieur de la surface balayée en virage stabilisé, mais trajectoire déterminante pour le déport arrière à l'entrée du virage. Même voiture particulière qu'en FIG. 1.

L'erreur la plus fréquente, y compris dans certaines publications, consiste à croire que le coin arrière intérieur de la carrosserie trace le bord intérieur de la surface balayée. Ce n'est pas le cas. Le coin de carrosserie est plus à l'extérieur que la roue, sa trajectoire passe donc à l'extérieur de celle de la roue. C'est la roue, pas le coin, qui fixe la marge intérieure.

Les cinq cotes nécessaires

Pour un véhicule non articulé (voiture particulière, fourgon, porteur 2 essieux, autobus), cinq cotes suffisent à décrire la géométrie d'un virage à rayon constant. Les définitions entre guillemets sont celles du guide utilisateur du logiciel GIRATION du Certu (devenu Cerema) :

SymboleNomDéfinition
LLongueurLongueur hors tout, de pare-chocs à pare-chocs
lLargeur hors tout« largeur de la caisse du véhicule sans les rétroviseurs » ; tenez compte des rétroviseurs si ce sont eux qui risquent de toucher
EEmpattement« distance entre l'axe de l'essieu avant et l'axe de l'essieu arrière »
PAFavPorte-à-faux avant« débordement de la carrosserie par rapport à l'axe de l'essieu avant »
PAFarPorte-à-faux arrière« débordement de la carrosserie par rapport à l'axe de l'essieu arrière »

Attention : le guide GIRATION note L la largeur ; ici, L est la longueur et l la largeur.

Le rayon de giration extérieur minimal du véhicule (le plus petit cercle qu'il puisse décrire) est fixé par l'angle de braquage maximal des roues avant : c'est une caractéristique du véhicule lui-même. Les fiches techniques de véhicules utilitaires donnent souvent un rayon ; les brochures de voitures donnent en général un diamètre de braquage, à diviser par deux.

Lisez le libellé exact, car trois valeurs différentes sont en usage. Le guide GIRATION distingue les cercles de la carrosserie (« entre murs ») de ceux des roues (« entre trottoirs »), et précise ce que désignent les fiches techniques :

ValeurMesurée àUtilisable comme rayon du coin avant
Rayon de balayage, « équivalent au Rayon Extérieur entre Murs »la carrosserieOui ; un diamètre se divise par deux
Rayon extérieur entre trottoirsle bord extérieur du pneu avant extérieurNon, trop petit
Rayon de braquage, qui « s'apparente au Rayon Extérieur entre Trottoirs, mais attention mesuré au milieu du pneu »le milieu du pneu avant extérieurNon, plus petit encore

À cause du porte-à-faux avant, le coin avant extérieur est plus loin du CIR que n'importe quelle roue, d'environ un demi-mètre de rayon sur une voiture. Prendre une valeur mesurée aux roues comme rayon du coin avant donne une surface balayée trop étroite : le résultat paraît plus favorable que la réalité. Si la fiche ne dit pas où la valeur est mesurée, lisez-la comme une cote entre trottoirs : c'est la lecture prudente. Pour son propre logiciel, le guide GIRATION déconseille de saisir le rayon de balayage, parce que GIRATION simplifie la forme de la carrosserie ; la réserve vaut pour ce logiciel, pas pour la valeur de la fiche.

Exemple d'étude de giration : une voiture particulière, calculée à la main

Calculons à la main les quatre trajectoires de référence d'une voiture particulière courante dans son virage à droite le plus serré. Cotes retenues pour l'exemple :

Longueur L4,70 m
Largeur l1,85 m
Empattement E2,70 m
Porte-à-faux avant PAFav0,90 m
Porte-à-faux arrière PAFar1,10 m
Rayon de giration extérieur R_ext5,60 m

Le rayon de giration extérieur de 5,60 m est la trajectoire du coin avant extérieur, mesurée depuis le CIR : c'est un rayon entre murs, pas un rayon de braquage. On remonte le calcul à partir de là.

Étape 1 : le rayon de l'essieu arrière

Le coin avant extérieur se trouve à (E + PAFav) = 3,60 m en avant de l'essieu arrière et à l/2 = 0,925 m à l'extérieur du milieu de l'essieu arrière. Par le théorème de Pythagore :

R_ext² = (R_AR + l/2)² + (E + PAFav)²

5,60² = (R_AR + 0,925)² + 3,60²

31,36 = (R_AR + 0,925)² + 12,96

(R_AR + 0,925)² = 18,40

R_AR + 0,925 = 4,29

R_AR = 3,36 m

Le milieu de l'essieu arrière décrit donc un cercle de 3,36 m de rayon autour du CIR.

Étape 2 : la roue arrière intérieure

La roue arrière intérieure se trouve à une demi-largeur de véhicule à l'intérieur du milieu de l'essieu arrière :

R_roue_int = R_AR − l/2 = 3,36 − 0,925 = 2,44 m

Étape 3 : le coin arrière extérieur

Le coin arrière extérieur se trouve à PAFar = 1,10 m derrière l'essieu arrière et à l/2 = 0,925 m à l'extérieur. Sa distance au CIR :

R_ext_AR = √[(R_AR + l/2)² + PAFar²] = √[4,29² + 1,10²] = 4,43 m

Étape 4 : le coin avant intérieur

Le coin avant intérieur se trouve à (E + PAFav) = 3,60 m en avant de l'essieu arrière et à l/2 = 0,925 m à l'intérieur. Sa distance au CIR :

R_int_AV = √[(R_AR − l/2)² + (E + PAFav)²] = √[2,44² + 3,60²] = 4,35 m

Résultat

RéférenceRayon
Coin avant extérieur5,60 m ← donné
Coin arrière extérieur4,43 m
Coin avant intérieur4,35 m
Roue arrière intérieure2,44 m

La surface balayée est la couronne comprise entre le cercle de la roue arrière intérieure (2,44 m) et celui du coin avant extérieur (5,60 m). Pour cette voiture, c'est une bande de 3,16 m de large, environ 1,7 fois la largeur du véhicule.

Notez que le coin arrière extérieur (4,43 m) et le coin avant intérieur (4,35 m) restent tous deux à l'intérieur de cette couronne en mouvement circulaire stabilisé. Le coin arrière extérieur devient déterminant au début du virage (déport arrière) ; le coin avant intérieur reste à l'intérieur pendant toute la manœuvre pour cette géométrie de voiture. Ce que cette bande implique pour une entrée de garage ou un accès à 90° est traité dans l'article sur le rayon de braquage d'une voiture.

Schéma à l'échelle de l'exemple chiffré : quatre cercles de référence concentriques autour du CIR, de rayons 5,60 m, 4,43 m, 4,35 m et 2,44 m, trois contours du véhicule répartis le long du virage, et la surface balayée mise en évidence comme la couronne comprise entre la trajectoire du coin avant extérieur et celle de la roue arrière intérieure.
FIG. 4 · Schéma à l'échelle de l'exemple chiffré. Quatre cercles de référence concentriques autour du CIR, de rayons 5,60 m, 4,43 m, 4,35 m et 2,44 m. La surface balayée est la couronne comprise entre le coin avant extérieur (à l'extérieur) et la roue arrière intérieure (à l'intérieur). Le schéma est dessiné en miroir (virage à gauche) ; les rayons sont identiques pour le virage à droite de l'exemple.

Pourquoi raisonner sur des cercles complets. Ce calcul donne le rayon du cercle complet que décrit chaque référence. Un virage réel dans un carrefour n'en utilise en général qu'un arc : le braquage est maintenu un court instant, puis relâché. Le logiciel suit l'arc réellement balayé ; les rayons calculés ici indiquent la largeur maximale, au braquage maximal.

Ce que le modèle théorique ne dit pas

Le modèle d'Ackermann à basse vitesse est exact dans son principe, mais les véhicules réels s'en écartent pour trois raisons. La plupart des vérifications réglementaires les ignorent parce qu'elles portent sur des manœuvres lentes ; il vaut quand même la peine de savoir où le modèle cesse de s'appliquer.

1. Le braquage n'est pas instantané

Le modèle suppose que l'angle des roues avant change immédiatement. En réalité, le conducteur tourne le volant en une demi-seconde à deux secondes, et pendant ce temps la trajectoire balayée est une courbe de transition, pas un arc de cercle. Pour une voiture, à l'échelle d'un plan d'aménagement, c'est négligeable : la transition n'apparaît qu'à une précision inférieure au mètre. Pour les longs véhicules articulés (semi-remorques, trains doubles), la transition compte, et les logiciels la modélisent en général explicitement ; dans PathSweeper, c'est le rôle du mode « Braquage en roulant », signalé « Pro » dans l'application : le tracé se prévisualise librement, mais l'enregistrer ou l'exporter demande le Pass Projet ou le Pass Annuel du projet.

2. À plus grande vitesse, l'arrière passe à l'extérieur

Au-delà de 30 km/h environ, le glissement des pneus devient sensible. Les roues arrière prennent un petit angle de dérive (en général 1 à 3°) qui pousse l'arrière du véhicule à l'extérieur de sa trajectoire cinématique. La surface balayée s'élargit vers l'extérieur, parfois de 0,5 m pour un poids lourd. Pour les entrées, les parkings, les accès des secours et la plupart des projets urbains, la cinématique à basse vitesse est correcte. Pour les bretelles d'autoroute, les circuits et la reconstitution d'accidents, il faut un modèle dynamique.

3. Les véhicules articulés ajoutent une deuxième surface balayée

Un véhicule articulé, tracteur routier et semi-remorque, est formé de deux corps rigides reliés par une articulation, le pivot d'attelage. Chacun suit sa propre géométrie d'Ackermann autour du même CIR, mais l'essieu arrière de la semi-remorque décrit un cercle plus petit que celui du tracteur. C'est l'off-tracking bien connu des poids lourds : la semi-remorque coupe le virage. Les bus articulés, les trains doubles et les ensembles à deux remorques cumulent cet effet ; dans un virage serré, la dernière remorque peut couper la courbe de plusieurs mètres.

La géométrie articulée ajoute une seconde subtilité. Le raccourci du véhicule rigide, « suivre les coins de la carrosserie et relier les points », ne donne plus la surface balayée exacte, parce que le point d'articulation se déplace lui-même le long de la trajectoire du tracteur pendant que la semi-remorque tourne autour de lui. À certaines phases du virage, le bord intérieur de la surface balayée par la semi-remorque n'est pas tracé par un coin, mais par un point de son flanc, en général près du groupe d'essieux arrière. Pour capter ce point du flanc, il faut échantillonner, à chaque pas de temps, de nombreux points sur tout le périmètre du véhicule et faire la réunion des positions, au lieu de s'en remettre à quatre coins. PathSweeper calcule sa surface balayée articulée de cette façon, par échantillonnage de tout le périmètre suivi d'une réunion : le raccourci à quatre coins sous-estimerait la surface balayée réelle dans les virages serrés.

Véhicule articulé avec semi-remorque dans un virage à droite à 90° après une entrée en ligne droite stabilisée, avec les positions de départ et d'arrivée et la surface balayée.
FIG. 5 · Tracteur routier et semi-remorque, off-tracking. Virage à droite à 90° après une entrée en ligne droite. Zone bleu clair = surface balayée ; ligne verte = trajectoire de l'essieu avant du tracteur ; points magenta = position de référence en début et fin de virage ; contour du tracteur en début et fin de virage, contour de la semi-remorque en cours de virage. La semi-remorque coupe le virage à l'intérieur de la trajectoire du tracteur : la surface balayée s'élargit vers l'intérieur de la courbe.

Pour ces véhicules, le calcul à la main n'est pas réaliste : un logiciel devient indispensable.

Comment faire une étude de giration, étape par étape

Quel que soit l'outil (extension CAO, outil dans le navigateur, ou la méthode papier ci-dessus pour les cas simples ; le marché est passé en revue dans notre comparatif des logiciels de giration), la démarche est la même :

  1. Choisir le véhicule de référence. Pas le véhicule que vous possédez : le plus grand véhicule qui doit utiliser l'espace régulièrement, ou celui que fixe l'autorité compétente. Les catalogues de véhicules de référence existent précisément pour cette étape (voir plus bas).
  2. Disposer d'un plan à l'échelle. Plan de masse, extrait cadastral ou levé, montrant chaque obstacle fixe : bordures, piliers, murs, arbres, places de stationnement. Sans échelle fiable, l'étude n'est qu'une illustration.
  3. Définir la manœuvre. Chaque mouvement réel séparément : entrée, sortie, chaque sens de circulation, et les marches arrière (mise à quai, sortie en recul) comme vérifications distinctes.
  4. Tracer la trajectoire. Celle que le conducteur suivrait vraiment, amorce du virage comprise, et non un arc de cercle idéalisé.
  5. Générer la surface balayée. La calculer le long de la trajectoire avec un modèle cinématique. Pour un véhicule articulé, tracteur et remorque se modélisent séparément autour de leur articulation.
  6. Vérifier les marges. Comparer la surface balayée aux obstacles du plan, avec une marge de sécurité de chaque côté ; une marge visible vaut mieux qu'un contact tangent.
  7. Documenter le résultat. Échelle, véhicule de référence nommé, flèches de sens, surface balayée et marge, sur le plan ; export en PDF, ou en DXF pour le plan CAO, selon ce que demande le dossier.

Les étapes 4 à 6 sont celles où le calcul à la main s'arrête : une trajectoire réelle n'est pas un cercle de rayon constant, et la surface balayée doit être intégrée le long de celle-ci. C'est ce que le logiciel automatise ; gratuitement et dans le navigateur, vous pouvez tracer la trajectoire directement dans PathSweeper sur votre plan importé.

Ce que doit montrer une épure de giration

L'étape 7 mérite qu'on s'y arrête, car l'épure de giration (le dessin lui-même) est ce que le service instructeur voit réellement, et une épure est plus souvent refusée pour une information manquante que pour une géométrie fausse. Une épure de giration recevable montre :

  • L'échelle, indiquée et dessinée (une échelle graphique survit à un redimensionnement du PDF, une échelle numérique seule, non)
  • Le véhicule de référence, nommé sur la planche avec ses cotes principales
  • La trajectoire parcourue avec des flèches de sens, pour distinguer la marche avant de la marche arrière
  • La surface balayée elle-même, visuellement distincte du contour du véhicule
  • La marge par rapport aux bordures, aux murs, aux piliers et aux véhicules en stationnement
  • Une manœuvre par planche lorsque plusieurs manœuvres superposées deviendraient illisibles

Les FIG. 1 et 4 ci-dessus sont exactement ce type de schéma : surface balayée, trajectoires de référence et cotes sur un seul dessin. Si votre collectivité impose ses propres règles de présentation des plans, elle demandera en général ces mêmes éléments, plus un cartouche.

Du papier à PathSweeper

Les chiffres ci-dessus montrent qu'une simple voiture demande déjà cinq cotes en entrée et donne quatre rayons en sortie. Une vraie tâche de conception se réduit rarement à un cercle de rayon constant : c'est une suite de virages de rayons variables, parfois avec des marches arrière, sur un vrai plan avec des bordures, des voitures stationnées, des piliers et des arbres. Tout faire à la main est un projet en soi.

PathSweeper calcule tout cela en temps réel pendant que vous tracez la trajectoire sur votre plan importé. La même géométrie, mais en quelques secondes au lieu d'un après-midi, véhicules articulés, marches arrière et contrôle des marges sur tout le périmètre du véhicule compris.

Capture d'écran de PathSweeper, voiture particulière standard sélectionnée : le corridor balayé se met à jour en direct pendant le tracé de la trajectoire ; la même cinématique que l'exemple chiffré, calculée dans le navigateur.

Véhicules de référence et textes français

La géométrie est universelle, mais les véhicules et les valeurs de voirie contre lesquels on vérifie viennent de textes et de guides nationaux. En France, trois articles en font le tour :

  • Les véhicules types du Certu : véhicules de référence pour épures de giration, les types de véhicules de la bibliothèque du logiciel GIRATION du Certu (devenu Cerema), et pourquoi leur rayon imprimé est un rayon entre trottoirs.
  • La couronne circulaire de 12,50 m et 5,30 m : rayon de braquage camion, la limite de la directive 96/53/CE dans laquelle tout véhicule à moteur ou ensemble de véhicules en mouvement doit pouvoir s'inscrire, et les longueurs maximales du code de la route.
  • La voie engins : voie engins et voie échelle, le rayon intérieur minimum de 11 mètres et la surlargeur S = 15/R de l'article 4 de l'arrêté du 31 janvier 1986 pour les bâtiments d'habitation.

Chacun de ces articles renvoie au texte officiel, consultable gratuitement.


PathSweeper fonctionne dans le navigateur, sans installation. Le moteur de giration complet, géométrie d'Ackermann exacte, véhicules articulés et export DXF avec cotes, est disponible dès aujourd'hui, et les quatre véhicules standards s'utilisent gratuitement. La bibliothèque de véhicules comprend aussi des véhicules types français (CERTU). Pour un véhicule qui n'y figure pas, saisissez les cotes imprimées dans l'éditeur de véhicules personnalisés : créer et enregistrer un véhicule personnalisé est gratuit avec un compte, l'utiliser dans un projet demande un Pass Projet ou un Pass Annuel.

Questions fréquentes

C'est le rayon du cercle que décrit la roue avant extérieure quand les roues sont braquées au maximum. Le guide utilisateur du logiciel GIRATION du Certu précise ce que désignent les fiches techniques : le « rayon de braquage » s'apparente au rayon extérieur entre trottoirs, mais mesuré au milieu du pneu, alors que le « rayon de balayage » est équivalent au rayon extérieur entre murs, celui de la carrosserie. Aucun des deux ne décrit à lui seul la surface balayée : il faut aussi le rayon de la roue arrière intérieure, que l'on déduit du rayon extérieur et de trois cotes du véhicule (largeur, empattement, porte-à-faux avant), comme le montre l'exemple chiffré.

C'est le calcul géométrique de la surface exacte qu'occupe un véhicule en virage. Elle tient compte de l'off-tracking (déport en virage) : les roues arrière suivent un arc plus serré que les roues avant, conséquence de la géométrie d'Ackermann, si bien que la surface balayée est plus large que le véhicule lui-même. On s'en sert pour vérifier qu'un véhicule franchit sans danger une entrée, un carrefour, une voie en impasse ou une voie d'accès.

En modélisant la cinématique du véhicule : empattement, position des essieux, porte-à-faux, angles de braquage et, pour un véhicule articulé, angles d'articulation. La trajectoire est intégrée pas à pas le long du tracé prévu, ce qui donne la surface balayée par chaque coin de carrosserie et chaque roue. Les outils actuels la calculent en temps réel, pendant que vous tracez la trajectoire.

La roue arrière intérieure, au droit de l'essieu arrière, et non le coin arrière intérieur de la carrosserie. C'est une erreur fréquente. Le coin arrière de la carrosserie décrit une trajectoire plus à l'extérieur que la roue intérieure : il ne fixe donc jamais la marge intérieure, c'est la roue qui la fixe.

Le modèle à basse vitesse (cinématique) qu'emploient la plupart des logiciels de giration, PathSweeper compris, suppose que l'essieu arrière suit exactement la géométrie imposée par l'essieu avant, ce qui vaut en général en dessous de 30 km/h. À plus grande vitesse, le glissement des pneus et les efforts dynamiques font passer l'arrière à l'extérieur de cette trajectoire géométrique et élargissent la surface balayée. La plupart des vérifications demandées (entrées, accès des secours, parkings) portent sur des manœuvres lentes : le modèle cinématique y suffit.

C'est le dessin qui documente l'étude : un plan à l'échelle montrant le véhicule de référence, la trajectoire parcourue avec ses flèches de sens, la surface balayée et la distance aux obstacles voisins. Le guide GIRATION du Certu y associe deux fuseaux : celui de la carrosserie, dans lequel aucun aménagement vertical n'est possible (limites entre murs), et celui des roues, dans lequel seule la chaussée doit se trouver (limites entre trottoirs). C'est la pièce que l'on joint au plan de masse ou au plan d'accès, avec une manœuvre par planche.

Plusieurs textes fixent les valeurs contre lesquelles on vérifie. La directive 96/53/CE (annexe I, point 1.5) impose à tout véhicule à moteur ou ensemble de véhicules en mouvement de pouvoir s'inscrire dans une couronne circulaire de 12,50 m de rayon extérieur et de 5,30 m de rayon intérieur, et l'article R. 312-11 du code de la route fixe les longueurs maximales des véhicules. Pour les bâtiments d'habitation, l'article 4 de l'arrêté du 31 janvier 1986 fixe à la voie engins un rayon intérieur minimum de 11 mètres et une surlargeur S = 15/R dans les virages de rayon inférieur à 50 mètres ; pour les établissements recevant du public, c'est l'article CO 2 de l'arrêté du 25 juin 1980. Ces textes sont en vigueur et consultables gratuitement sur EUR-Lex et Légifrance. Le guide utilisateur du logiciel GIRATION du Certu, gratuit lui aussi, fixe le vocabulaire (rayons entre murs et entre trottoirs) ; c'est un guide d'utilisation de logiciel, pas une règle de conception. La géométrie, elle, est universelle : le calcul de ce guide vaut partout.

Sources et références

  1. GIRATION 3.3, guide utilisateur : fuseaux entre murs et entre trottoirs (introduction, p. ix), rayons entre murs et entre trottoirs (§ 1.2.3), rayon de balayage et rayon de braquage (§ 1.2.3.1, p. 3), cotes du véhicule (§ 2.3.2.1, p. 15-16) — Certu / Cerema (dépôt sous licence GPL-3.0 du Cerema)
  2. Directive 96/53/CE, annexe I, point 1.5 : couronne circulaire de 12,50 m et 5,30 m (version consolidée 01996L0053 du 14.08.2019) — EUR-Lex, Union européenne
  3. Code de la route, article R. 312-11 : longueur maximale des véhicules — Légifrance (DILA)
  4. Arrêté du 31 janvier 1986 relatif à la protection contre l'incendie des bâtiments d'habitation, article 4 (voie engins : rayon intérieur minimum et surlargeur) — Légifrance (DILA)
  5. Arrêté du 25 juin 1980 (règlement de sécurité des ERP), article CO 2 (voie engins) — Légifrance (DILA)

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